L’œil vagabond

Présenté par Cel

Radio Barbès est un média participatif où la parole de tout un chacun a sa place. Et cela passe aussi par la photo qui est le média qu’on utilise tous à l’heure des réseaux sociaux.

On parle beaucoup sur la Goutte d’Or : gentrification, insécurité, saleté… Mais la Goutte d’Or reste une enclave. Celles et ceux qui y habitent, qui la fréquentent, la regardent chaque jour sous ses différents aspects, parfois insolite, incongru, piteux, étincelant. Leurs clichés narrent la vie du quartier et nous dévoilent son intimité… 

Cette rubrique est aussi la vôtre. N’hésitez pas à nous envoyer vos photos, vidéos et textes à radiobarbes75018@gmail.com !


Fini la vie en (vichy) rose / Tonton Barbès

Emblème historique du quartier Barbès depuis 1948, le magasin Tati occupait 9 immeubles sur le boulevard longeant le métro aérien.
La première photo a été prise en juillet 2020, date à laquelle la fermeture du magasin a été actée. Cette décision marquait donc la disparition du dernier magasin Tati, tous les autres étant passés sous l’enseigne GIFI.

Initialement, le groupe GIFI avait racheté les magasins TATI et il était prévu que le magasin de Barbès soit le seul magasin qui conserverait le nom de TATI.
Mais à en croire les vendeuses de TATI Barbès, depuis 2018, le magasin n’était plus approvisionné, laissé à l’abandon. Comme le dit une vendeuse dans un article du Parisien de juillet 2019 : « on écoule les stocks des magasins qui ferment partout en France ».

Quant à la devise de Tati, « les plus bas prix », une salariée raconte dans le même article : « Les prix augmentent toutes les semaines. Je dois sans arrêt changer les étiquettes. Les 2,99 euros deviennent des 3,99 euros puis des 4,99 euros, ça ne s’arrête jamais. »

Que sait-on du futur projet ? Pour le moment, des palissades bleues (sur lesquelles on peut lire « HEY TONTON ! ») ont remplacé le vichy rose. Il n’y aurait pas de démolition en vue. On parle de logements, de nouveaux commerces, et d’un hôtel.
Et enfin, que fera-t-on des 4 lettres géantes qui trônent toujours sur le toit de l’immeuble ? Ces 4 lettres appartiennent pour certains au patrimoine de Paris… Pour d’autres, elles donnent à Barbès son identité de quartier populaire… mais pour combien de temps encore ?

Cel


Congo : le silence plutôt que la vérité

Par Cel

« Il faut tuer 1000 personnes pour devenir général au Congo »… Voici ce que l’on peut entendre dans la bande-annonce du film de Thierry Michel,L’Empire du silence. Sorti en France en mars 2022, ce documentaire pointe du doigt le silence des médias face aux massacres engendrés depuis 25 ans par la guerre au Congo.

Si je vous en parle aujourd’hui, c’est que son réalisateur comparaît le 6 septembre devant un tribunal à Kinshasa pour avoir tourné ce film…

Cette affaire m’a renvoyée à la manifestation qui s’est tenue métro Château Rouge en juin dernier. Un rassemblement dénonçant le génocide au Congo et dont je partage les images ici.


Pistes cyclables boulevard Barbès…

Vous l’avez sûrement remarqué… Début juin, la piste cyclable du boulevard Barbès a été peinte en vert, en prolongement de ce qui avait été fait boulevard de Magenta 2 ans avant. 
A ce propos, David Belliard, adjoint de la Mairie de Paris en charge des mobilités, tweetait le 9 juillet 2020 : « Boulevard Magenta, la couleur, ça change tout ! Belle idée pour limiter les conflits vélos/piétons. »

Ça change, oui, mais encore faut-il qu’elle soit entretenue, cette couleur… au risque de passer du vert fluo au vert rouillé.
En témoignent ces quelques photos prises à différentes dates : les 9, 13 et 27 juin sur le boulevard Barbès et, en comparaison, l’état des pistes « vertes » sur le boulevard Magenta 2 ans après.

Surtout, colorer les pistes cyclables n’empêche pas les piétons de marcher sur celles-ci quand ils n’ont d’autre choix (quand le trottoir est grignoté par des travaux ou des terrasses « temporaires »).

Cela n’apporte aucune avancée aux débats sur l’aménagement des mobilités : Faut-il grignoter le trottoir ? Elargir la piste cyclable (qui mesure 1,20m de largeur) ? Autoriser la voie bus aux cyclistes dans un Paris où la circulation est aujourd’hui limitée à 30km/h, et donc, la cohabitation bus-taxis-cycles envisageable ? Revoir tout le plan de circulation – comme proposer des sens uniques aux véhicules motorisés – ?
 
Acheter de la peinture sur un aménagement sans le repenser dans son ensemble, cela n’est qu’un pansement provisoire et qui ne permet pas de diminuer les conflits.
A bon entendeur…

Cel